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Erik le Rouge, roi de l’hiver de Soren Mosdal

29 Août

Mosdal

Dansk Comics…

Aux alentours de l’an Mil,  Erik Torvaldson alias Erik le Rouge est le maître d’une petite communauté viking résidant sur les côtes d’une vaste île, au nord de l’Islande. Répondant au nom bucolique du Pays vert, cette île n’est autre que le Groenland, qui connut une implantation scandinave jusqu’au XVe siècle,avant un net refroidissement climatique. Le pouvoir absolu du païen Erik est remis en cause, lorsque son fils Leif,devenu catholique, débarque sur l’île après un séjour en Norvège, accompagné de Thangbrand, prêtre de la Maison royale. Secondé par le sorcier Farsek, Erik le Rouge pourra-t-il s’opposer à son fils qui le déteste depuis l’assassinat de voisins en Islande, et à ce prêtre fanatique souhaitant évangéliser cette ultime terre païenne en terre scandinave?

Etonnant récit qui nous est donné par Soren Mosdal, auteur danois, qui revisite cette saga scandinave écrite au Moyen-âge, aux alentours du XIVe siècle. Au récit historique, qui nous plonge dans le quotidien difficile de ces Vikings confrontés à une nature difficile, il y mêle des éléments fantastiques avec l’apparition (ultime) des dieux Thor et Odin, bientôt balayés par le Christianisme conquérant. Au blanc dominant de cette terre arctique, l’auteur privilégie des couleurs sombres , variant du vert au noir, en passant par le rouge. Couleurs magnifiées sur des pleines-pages au dessin psychédélique. Du bel ouvrage, par Odin !

 

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Madame Livingstone : Congo, la Grande Guerre de Christophe Cassiau-Haurie (scénario) et Barly Baruti (dessin)

11 Juil

 

 

Madame Livingstone

 

 

 

Les empires occidentaux présents en Afrique n’ont pas hésité à enrôler massivement des soldats noirs sur les différents fronts européens, pour des enjeux qui les dépassaient. Ces mêmes soldats se sont également battus chez eux, comme l’évoque ce récit qui nous entraîne sur les rives du lac Tanganyika, partagé entre le Congo belge et l’Afrique Orientale Allemande (aujourd’hui la Tanzanie).

1915, l’aviateur belge Gaston Mercier est chargé de couler le cuirassé allemand Graf Von Gutzen. Pour repérer le navire, il est secondé par un indigène répondant au nom étrange de Madame Livingstone. Habillé d’un kilt écossais, son acolyte prétend être le fils de David Livingstone, fameux explorateur à la recherche des sources du Nil.  Différents en apparence, ces deux hommes, libres d’esprit, vont bientôt nouer une amitié solide dans l’adversité. Affrontant les Allemands dans des combats héroïques et les préjugés des officiers belges à l’égard des soldats noirs.

Un beau récit humaniste et riche en action, qui doit également beaucoup au trait et à la mise en couleur en aquarelle. En annexe, des documents pour mieux comprendre la place et l’importance de l’Afrique noire durant la guerre 14-18.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille la lecture de l’essai historique Congo, une histoire du Belge David Van Reybrouck, Prix Médicis Essai 2012, qui en quelques 700 pages, raconte les conséquences désastreuses de la colonisation belge au Congo.

 

 

 

congo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Attentat de Sarajevo : Gavrilo Princip, l’homme qui changea le siècle de Henrik Rehr

27 Juin

gavrilo

Il est à parier que nombreux récits de bande dessinée historique auront pour cadre la Première Guerre Mondiale, ces quatre prochaines années.

L’album de l’auteur d’origine danoise, Henrik Rehr revient sur l’ assassinat qui allait déclencher la Première Guerre Mondiale. Il y a un siècle, le jeune anarchiste serbe de Bosnie, Gavrilo Princip, abattait de plusieurs balles l’archiduc autrichien François Ferdinand, alors en visite à Sarajevo, capitale de la Bosnie Herzegovine, occupée par l’empire austro-hongrois. Jeune idéaliste, Gavrilo Princip était persuadé par ce geste, de libérer les Serbes de Bosnie de l’emprise de Vienne, et réaliser le rêve de constituer une Grande Serbie, regroupant tous les Slaves du sud.

Cet album en noir et blanc revient sur ces évènements tragiques, mais est également le récit d’une vie complètement inconnue, et qui allait brutalement s’interrompre en avril 1918. Cet album permet, enfin, de mieux connaître l’histoire des Balkans, maintes fois agitée en ce début du XXe siècle. Passionnant de bout en bout !

 

Pour aller plus loin, je vous conseille la lecture de l’essai, Les Somnambules : été 1914, comment l’Europe a marché vers la guerre de l’Australien Christopher Clark, édité chez Flammarion, qui analyse les mécanismes qui ont abouti à cette déflagration mondiale.

 

somnambules

Northlanders de Brian Wood

5 Juin

nothlanders

Auteur de DMZ, une série d’anticipation au long cours, l’auteur Brian Wood est à l’origine d’un récit consacré aux Vikings. Plutôt une Saga, car Northlanders est une oeuvre qui se déploie en trois albums volumineux. Chacun d’entre eux, se déroulant dans des lieux et des périodes différentes. Le premier opus de quelques 470 pages, intitulé Le livre anglo-saxon, nous confronte à ce peuple guerrier, porteur d’une riche culture, et commerçant à ses heures. Plusieurs récits dessinés par des auteurs différents, plongent le lecteur dans les sanglantes rivalités opposant les royaume saxons d’Angleterre et celtes d’Irlande aux Hommes du Nord, restés farouchement païens. Les Vikings, un peuple fier, où les femmes n’hésitent pas à combattre pour défendre leurs terres nouvellement conquises.

Une très belle découverte chez Urban Comics

Finnele d’Anne Teuf

27 Mai

Finnele

Oberaspach (aujourd’hui Aspach-le-Haut dans le Haut-Rhin), fin juillet 1914. Agée de 8 ans, Finnele vit au sein d’une famille stricte, mais aimante, dans un village préoccupé par la moisson à venir. Mais la vie paisible de ce village alsacien, allemand depuis 1870, va être bouleversée par la guerre, qui éclate entre la France et l’Allemagne.  En février 1915, Finnele et sa famille vont fuir la zone des combats, et trouver refuge à Masmünster, rebaptisée Masevaux par les troupes françaises, qui y ont installé leur QG. La vie reprend son cours, malgré les difficultés matérielles, et la séparation avec certains membres de la famille. Finnele va y découvrir une autre langue…

Dans le premier volet de ce roman graphique, Anne Teuf relate la vie de sa grand-mère Joséphine Koehrlen (1906-1994), en y mêlant des éléments fictionnels. Un récit de vie tendre et cruel, dans une période tourmentée de l’Histoire pour l’Alsace, ballotée entre France et Allemagne. En fin d’album, un dossier concis éclairera le lecteur sur la situation de l’Alsace au temps de Finnele.

Faîte plus ample connaissance avec Finnele dans le blog de l’auteure.

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Sept saisons de Ville Ranta

19 Mai

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Lumières (et ombres) du Grand Nord…

… ou plus exactement de Finlande. 1840, le Grand Duché de Finlande jouit d’une certaine autonomie au sein de l’Empire russe. Chacun peut y exercer sa foi luthérienne. Dans le port d ‘Oulu, le pasteur Hans Nyman  espère obtenir le poste envié de doyen. Veuf, il retrouve le réconfort (surtout sexuel) auprès d’ Anna la servante. Après avoir parcouru le monde pendant trois ans, Maria Piponius, une femme libre, revient dans cette bourgade de plus en plus gagnée par le mouvement piétiste, austère et moralisateur. Elle finit par faire la connaissance de Hans Nyman, subjugué par cet esprit indomptable. Une idylle amoureuse pourra-t-elle naître dans cette société marquée par les interdits ?

Tout en aquarelles « à la façon de Sfar », ce roman graphique finlandais m’a évoqué l’atmosphère des romans victoriens tourmentés, marqués par l’impossibilité d’aimer librement dans une société moralisatrice. C’est tout simplement beau et tragique. Une belle surprise venue du nord, éditée chez ça et là.

 

 

 

Ni Dieu ni maître. Auguste Blanqui, l’enfermé de Locatelli Kournwsky & Le Roy

16 Mai

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Après Thoreau, la vie sublime, album consacré à cet homme politique américain du XIXe siècle, père de la désobéissance civile, Maximilien Le Roy, s’est penché sur la figure d’un autre homme politique engagé de ce siècle en tout point révolutionnaire.  L’homme âgé, représenté assis sur le lit de sa cellule, n’est autre qu’ Auguste Blanqui (1805-1881), socialiste révolutionnaire français, ayant prôné et organisé de nombreuses insurrections armées contre les régimes politiques ayant traversé le siècle, la Monarchie de Juillet, la République bourgeoise de 1848, et le régime impérial de Napoléon III. Un engagement, qui l’a amené à passer une bonne partie de sa vie en prison. D’où son surnom de « l’Enfermé ».

Le récit débute en 1877. Rendant visite à Blanqui chaque vendredi à la prison, le journaliste Aurélien Marquadet le persuade, de lui raconter sa vie en vue d’un article. Depuis ce jour de septembre 1822, où le jeune Blanqui, après avoir assisté à la décapitation de quatre soldats ayant voulu renverser la monarchie, s’est juré de lutter contre le roi Charles X, jusqu’aux évènements de la Commune de Paris, en 1871. Alternant  rencontres entre les deux hommes et  flashbacks, c’est toute la vie politique française du XIXe siècle qui défile, marquée par des luttes sanglantes et des avancées démocratiques, et la vie d’un homme intransigeant épris de liberté. Une figure politique oubliée, qui a la fin de sa vie, une fois libéré, a créé un journal, dont la devise Ni Dieu ni maître est restée célèbre.