Attentat de Sarajevo : Gavrilo Princip, l’homme qui changea le siècle de Henrik Rehr

27 Juin

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Il est à parier que nombreux récits de bande dessinée historique auront pour cadre la Première Guerre Mondiale, ces quatre prochaines années.

L’album de l’auteur d’origine danoise, Henrik Rehr revient sur l’ assassinat qui allait déclencher la Première Guerre Mondiale. Il y a un siècle, le jeune anarchiste serbe de Bosnie, Gavrilo Princip, abattait de plusieurs balles l’archiduc autrichien François Ferdinand, alors en visite à Sarajevo, capitale de la Bosnie Herzegovine, occupée par l’empire austro-hongrois. Jeune idéaliste, Gavrilo Princip était persuadé par ce geste, de libérer les Serbes de Bosnie de l’emprise de Vienne, et réaliser le rêve de constituer une Grande Serbie, regroupant tous les Slaves du sud.

Cet album en noir et blanc revient sur ces évènements tragiques, mais est également le récit d’une vie complètement inconnue, et qui allait brutalement s’interrompre en avril 1918. Cet album permet, enfin, de mieux connaître l’histoire des Balkans, maintes fois agitée en ce début du XXe siècle. Passionnant de bout en bout !

 

Pour aller plus loin, je vous conseille la lecture de l’essai, Les Somnambules : été 1914, comment l’Europe a marché vers la guerre de l’Australien Christopher Clark, édité chez Flammarion, qui analyse les mécanismes qui ont abouti à cette déflagration mondiale.

 

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Dernières nouvelles du front…de la bande dessinée numérique

13 Juin

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Fans ou simplement curieux des dernières avancées  de la BD numérique, Benjamin Roure dresse dans Bodoï, un panorama de ce marché en progression. Progression lente, mais toujours innovante.  On y retrouve les poids lourds Izneo et  ComiXology, mais également  de nouveaux venus. Clair et instructif !

Northlanders de Brian Wood

5 Juin

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Auteur de DMZ, une série d’anticipation au long cours, l’auteur Brian Wood est à l’origine d’un récit consacré aux Vikings. Plutôt une Saga, car Northlanders est une oeuvre qui se déploie en trois albums volumineux. Chacun d’entre eux, se déroulant dans des lieux et des périodes différentes. Le premier opus de quelques 470 pages, intitulé Le livre anglo-saxon, nous confronte à ce peuple guerrier, porteur d’une riche culture, et commerçant à ses heures. Plusieurs récits dessinés par des auteurs différents, plongent le lecteur dans les sanglantes rivalités opposant les royaume saxons d’Angleterre et celtes d’Irlande aux Hommes du Nord, restés farouchement païens. Les Vikings, un peuple fier, où les femmes n’hésitent pas à combattre pour défendre leurs terres nouvellement conquises.

Une très belle découverte chez Urban Comics

Finnele d’Anne Teuf

27 Mai

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Oberaspach (aujourd’hui Aspach-le-Haut dans le Haut-Rhin), fin juillet 1914. Agée de 8 ans, Finnele vit au sein d’une famille stricte, mais aimante, dans un village préoccupé par la moisson à venir. Mais la vie paisible de ce village alsacien, allemand depuis 1870, va être bouleversée par la guerre, qui éclate entre la France et l’Allemagne.  En février 1915, Finnele et sa famille vont fuir la zone des combats, et trouver refuge à Masmünster, rebaptisée Masevaux par les troupes françaises, qui y ont installé leur QG. La vie reprend son cours, malgré les difficultés matérielles, et la séparation avec certains membres de la famille. Finnele va y découvrir une autre langue…

Dans le premier volet de ce roman graphique, Anne Teuf relate la vie de sa grand-mère Joséphine Koehrlen (1906-1994), en y mêlant des éléments fictionnels. Un récit de vie tendre et cruel, dans une période tourmentée de l’Histoire pour l’Alsace, ballotée entre France et Allemagne. En fin d’album, un dossier concis éclairera le lecteur sur la situation de l’Alsace au temps de Finnele.

Faîte plus ample connaissance avec Finnele dans le blog de l’auteure.

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Sept saisons de Ville Ranta

19 Mai

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Lumières (et ombres) du Grand Nord…

… ou plus exactement de Finlande. 1840, le Grand Duché de Finlande jouit d’une certaine autonomie au sein de l’Empire russe. Chacun peut y exercer sa foi luthérienne. Dans le port d ‘Oulu, le pasteur Hans Nyman  espère obtenir le poste envié de doyen. Veuf, il retrouve le réconfort (surtout sexuel) auprès d’ Anna la servante. Après avoir parcouru le monde pendant trois ans, Maria Piponius, une femme libre, revient dans cette bourgade de plus en plus gagnée par le mouvement piétiste, austère et moralisateur. Elle finit par faire la connaissance de Hans Nyman, subjugué par cet esprit indomptable. Une idylle amoureuse pourra-t-elle naître dans cette société marquée par les interdits ?

Tout en aquarelles « à la façon de Sfar », ce roman graphique finlandais m’a évoqué l’atmosphère des romans victoriens tourmentés, marqués par l’impossibilité d’aimer librement dans une société moralisatrice. C’est tout simplement beau et tragique. Une belle surprise venue du nord, éditée chez ça et là.

 

 

 

Ni Dieu ni maître. Auguste Blanqui, l’enfermé de Locatelli Kournwsky & Le Roy

16 Mai

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Après Thoreau, la vie sublime, album consacré à cet homme politique américain du XIXe siècle, père de la désobéissance civile, Maximilien Le Roy, s’est penché sur la figure d’un autre homme politique engagé de ce siècle en tout point révolutionnaire.  L’homme âgé, représenté assis sur le lit de sa cellule, n’est autre qu’ Auguste Blanqui (1805-1881), socialiste révolutionnaire français, ayant prôné et organisé de nombreuses insurrections armées contre les régimes politiques ayant traversé le siècle, la Monarchie de Juillet, la République bourgeoise de 1848, et le régime impérial de Napoléon III. Un engagement, qui l’a amené à passer une bonne partie de sa vie en prison. D’où son surnom de « l’Enfermé ».

Le récit débute en 1877. Rendant visite à Blanqui chaque vendredi à la prison, le journaliste Aurélien Marquadet le persuade, de lui raconter sa vie en vue d’un article. Depuis ce jour de septembre 1822, où le jeune Blanqui, après avoir assisté à la décapitation de quatre soldats ayant voulu renverser la monarchie, s’est juré de lutter contre le roi Charles X, jusqu’aux évènements de la Commune de Paris, en 1871. Alternant  rencontres entre les deux hommes et  flashbacks, c’est toute la vie politique française du XIXe siècle qui défile, marquée par des luttes sanglantes et des avancées démocratiques, et la vie d’un homme intransigeant épris de liberté. Une figure politique oubliée, qui a la fin de sa vie, une fois libéré, a créé un journal, dont la devise Ni Dieu ni maître est restée célèbre.

La Grande Guerre en bande dessinée, hors-série Beaux Arts Magazine

7 Mai

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Après un hors-série de Beaux Arts Magazine consacré aux relations entre le 9e art et la politique, celui d’avril 2014 se penche sur le conflit de 14-18 dans la bande dessinée, Centenaire du début du conflit oblige. Au sommaire : La BD pendant la Grande Guerre (Bécassine, Les Pieds nickelés et bien d’autres héros mobilisés). Représenter la guerre de 14-18 (Joe Sacco et la bataille de la Somme, avis d’historiens sur des planches de récits reconstituant 13 journées du conflit. Tardi et la 14-18 (ses sources, ses idées fixes). Pourquoi la BD est-elle partie en guerre ? (table ronde animée par l’historien de la culture Pascal Ory avec des auteurs, à l’instar de Kris). Quatre chapitres passionnants, avec des pages inédites d’albums sur cette thématique et une bibliographie.

Retrouvez la bibliographie de la Médiathèque départementale consacrée aux conflits du 20e siècle dans la BD, qui reprend des titres présentés dans le magazine et bien d’autres sur la Der des Der.