Tardi exposé à Angoulême

16 Jan

Dans le cadre du Centenaire de la guerre 14-18, et à l’occasion du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême (30 janvier au 2 février), une exposition intitulée Tardi et la Grande Guerre retient tout particulièrement l’attention. L’Historial de la Grande Guerre de Péronne (Somme) avait déjà présenté en 2009 une exposition inédite de planches originales de Tardi. Mais celle d’Angoulême aura sans conteste une aura toute internationale. Cliquez ici pour de plus amples informations.

J’en profite pour vous présenter ci-dessous un article de ma collègue Geneviève Redeler sur Jacques Tardi et la guerre 1914-1918, qui trouvera place dans la bibliographie  Les conflits du XXème siècle dans la bande dessinée, à l’occasion du 68 fait des bulles (18 au 21 février 2014).

La guerre de 1914-1918 est-elle une obsession pour Jacques Tardi ? Dès « Adieu Brindavoine » suivi de « la fleur au fusil », parus en 1974, elle est là. Et les soldats ne sont pas des héros.

« C’était la guerre des tranchées » raconte la vie quotidienne des soldats, embourbés, manipulés, maltraités, qui souhaitent avant tout rentrer chez eux et survivre tant bien que mal. C’est la guerre dans toute son horreur, avec toutes les souffrances subies, le froid, la faim, les rats, l’incompétence des gradés de haut niveau, indifférents à la boucherie qu’ils programment jour après jour.

Jacques Tardi refuse le titre d’historien et pourtant, ces bandes dessinées là pourraient être rangées dans les rayons « documentaires » des bibliothèques.

Ses dessins ne sont pas dus à son imagination. Il utilise une documentation très abondante, souvent fournie par son complice Jean-Pierre Verney qui signe avec lui « Putain de guerre » en 2 volumes, et est également l’auteur des parties documentaires de ce titre, chronique scrupuleuse et chronologique de la Grande Guerre. Rien n’est laissé au hasard, comme on pourra le constater dans le DVD qui accompagne ce livre. Il s’inspire aussi des lettres de poilus. Ces hommes ne sont pas des héros, ils vivent dans des conditions sordides, victimes du cynisme des généraux et perdent leur vie dans des conditions épouvantables, des 2 côtés du front.

Nous sommes les témoins écoeurés et ébahis de cette absurdité. Le noir et blanc, dont Jacques Tardi est un virtuose, à peine rosi ça et là, accentue l’horreur des combats et de la vie dans les tranchées: son trait expressionniste à l’encrage sombre, donne chair à cette guerre. Des titres indispensables dans toute bibliothèque.

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