Pablo de Julie Birmant (scénario) et Clément Oubrerie (dessins)

22 fév

Paris, 1900

C’était la Belle Epoque. En tout cas, pas pour le jeune artiste espagnol Pablo Ruiz Picasso, arrivé récemment dans la capitale des arts avec son ami Carlès Casagames. Sans revenus, ils tentent de se faire repérer par des galeristes à l’occasion de l’Exposition universelle. Les débuts sont difficiles, mais ils trouvent du réconfort auprès d’ autres artistes ibériques…et des femmes. Installé dans une maison à Montmartre (le fameux “bateau-lavoir”), Picasso fait la connaissance de Max Jacob, un poète en devenir,qui le soutiendra après la mort brutale de son ami Carlès. Epris de Picasso, Max Jacob lui fera découvrir la littérature française et le conduira dans des lieux qui seront des sources d’inspiration pour sa fameuse “période bleue”.

Parallèlement aux débuts artistiques de Picasso à Paris, le lecteur fait la connaissance de Amélie Lang, alias Fernande Olivier, une jeune femme qui a fui un mari violent et qui est devenue modèle pour des artistes  “pompiers”, éloignés des avant-gardes. Malheureuse en amour, Fernande rencontrera Picasso et deviendra sa maîtresse.

Narratrice, Fernande nous fait découvrir toute l’effervescence culturelle de Paris, véritable Babel et la vie de bohême de Picasso. Servi par le superbe dessin de Oubrerie, Max Jacob constitue le premier volet d’une série de quatre tomes, couvrant la période 1900-1912. A suivre !

En ce moment, Picasso inspire les auteurs de bande dessinée. Retrouvez le dans l’album Le Salon de l’ auteur américain Nick Bertozzi. L’artiste y mêne une enquête policière en 1907 avec Georges Braque, Guillaume Apollinaire et Erik Satie. Une série de meurtres atroces et mystérieux frappe les artistes. L’ absinthe servira de moteur à nos détectives en herbe…

Supergod de Warren Ellis (scénario) et Garrie Gastonny (dessins)

15 fév

Quand les super-héros devinrent des dieux…et les fossoyeurs de l’Humanité.

Dans un décor de fin du monde, assis sur les berges de la Tamise, le scientifique britannique Simon Reddin raconte par téléphone à un collègue américain l’extinction de la race humaine. Tout a commencé durant les années 1950, lorsque chaque nation s’est lancée dans le projet de créer des surhommes.

Suite à un accident comme en Grande Bretagne, lorsque trois astronautes britanniques furent envoyés secrétement dans l’espace, et revinrent sur terre en une seule entité, suite à l’exposition à des spores de champignons extraterrestres. Ou de manière intentionnelle, avec la création de Krishna dans un laboratoire indien, un être résultant de la fusion entre un homme et une machine. Et je ne vous parle pas de ceux créés par les Etats-Unis, l’Iran, la Russie ou la Chine. Etrangement, l’ auteur n’a pas pondu de surhomme héxagonal. Bientôt ces entités vont échapper au contrôle des hommes.

Après Black Summer (super-héros bien trop humains) et No Hero (super-héros renonçant à leur humanité), Warren Ellis avec Supergod achève de manière magistrale son tryptique sur les super-héros, et dans un climat d’apocalypse. Ces surhommes censés protéger l’humanité, va la détruire. Des scènes dantesques vont vous poursuivre quelque temps, lorsque vous aurez reposé cet ouvrage. La vision de la Tamise charriant des cadavres est terrifiante. L’imagerie de Garrie Gastonny est flamboyante et kitsch à la fois, avec de superbes illustrations couvrant des planches entières.

Une oeuvre sans concession sur la soif de l’homme pour le pouvoir, servie par une bonne dose d’humour noir.

La Bande dessinée, fenêtre sur le monde

10 fév

 

 

 

 

A l’ occasion du stage “La bande dessinée, fenêtre sur le monde” destiné aux bibliothécaires (24-26 janvier 2012), la Cité Internationale de la Bande Dessinée et de l’Image (CIBDI) a proposé des bibliographies et des webographies sur la création internationale (Israël, Liban, Corée, Afrique…) et un focus sur la bande dessinée numérique.

A découvrir ici !

Atar Gull ou le destin d’un esclave modèle, de Fabien Nury (scénario) et Brüno (dessins)

8 fév

L’homme au visage scarifié, qui se dresse telle une montagne, se nomme Atar Gull.

Premier tableau :

Fils du chef des Petits Namaquas, peuple vivant sur la côte africaine, Atar Gull a été capturé par ses ennemis, les Grands Namaquas. Vendu au capitaine Benoît, il est enchaîné avec d’autres congénères à bord du “Catherine”,’une frégate en partance pour les Antilles. Mais les eaux de l’Atlantique sont peu sûres. La frégate est bientôt attaquée par un navire pirate commandé par Brûlart, qui met la main sur cette cargaison humaine pour la revendre en Jamaïque.

Second tableau :

Vendu à Tom Will, un riche planteur, Atar Gull est désormais un esclave apprécié par son maître pour sa force physique et son dévouement. Atar Gull va bientôt avoir le statut enviable de domestique. Mais son apparente servilité cache un dessein bien sombre…

Situé quelque part dans la première moitié du 19ème siècle, ce récit fait non seulement le constat accablant de l’esclavage (conditions de transport épouvantables à bord des bateaux négriers et châtiments corporels dans les plantations), mais est également le récit d’une vengeance implacable. Un récit puissant et superbement illustré par Brüno ! Les ciels  rougeoyants de Autant en emporte le vent ne sont rien, comparés à ceux de notre illustrateur talentueux.

Après l’esclavage, les peuples africains allaient bientôt connaître les “bienfaits de la colonisation”.

Mangas : Bilan éditorial 2011

7 fév

Comme chaque année, le site mangaverse délivre un bilan de la production manga en France pour l’année écoulée (avec moult graphiques et tableaux), ainsi que les prévisions de sorties en 2012 pour chaque maison d’édition. Le site mangaverse est à découvrir pour ses nombreuses rubriques (prévisions avec les plannings de sortie des séries en France et au Japon, mangathèque…).

Incontournable !

“Le 68 fait des bulles” : bande dessinée et musique (13 au 17 février 2012)

3 fév

Stéphanie et moi sommes ravis de vous annoncer la 7ème édition de la manifestation “Le 68 fait des bulles”. Après un spécial Comics l’an dernier, le thème de cette année est “bande dessinée et musique”. En effet, 9ème art et 4ème art entretiennent une relation ancienne, nombreux sont les auteurs de bande dessinée qui sont également musiciens.

Voici le programme :

Cette semaine débutera par une journée de formation auprès des bibliothécaires avec Christian Marmonnier, spécialiste de la question et  président du festival Bulles Zik à Paris.

Et pour la première fois, nous vous convions à un concert dessiné de Lauter et Vanoli à la Médiathèque de Rouffach le 15 février à 19h30. Une date à retenir dans votre agenda !

Du mardi 14 au vendredi 17 février, Alexandre Clérisse sera notre auteur invité. Auteur de l’album Jazz Club, édité chez Dargaud, il interviendra auprès de scolaires en lien avec les médiathèques partenaires, à savoir celles de Guebwiller, Kaysersberg, Rouffach et du Val d’Argent, ainsi qu’à la Maison Départementale des Personnes Handicapées et à la Maison Centrale d’Ensisheim. A noter une rencontre tous publics le mardi 14 février à la Médiathèque du Val d’Argent à Sainte Croix aux Mines à  20h. Pour faire connaissance avec lui, cliquez ici et également ici pour découvrir l’album sur le site en ligne coconino-world.com.

Enfin, pour prolonger ces journées, nous vous proposons une bibliographie réalisée sur ce thème en lien avec nos collègues de la discothèque, ainsi qu’une playlist intitulée La Musique des cases établie par les discothécaires de la Médiathèque départementale et du réseau sur le site de musique en ligne musicMe.

Bonnes découvertes à tous !

Angoulême 2012 : Fred l’enchanteur

2 fév

Et oui, Guy et moi avons eu la chance de nous rendre au 39ème Festival d’Angoulême, où nous avons assisté à pas mal de rencontres avec des auteurs américains, présidence d’Art Spiegelman oblige (Art Spiegelman himself, Joe Sacco, Charles Burns… ).  Mais également à celle d’un grand monsieur de la bande dessinée franco-belge de 81 ans, Fred, qui a débuté sa carrière à Hara-Kiri, aux côtés du Professeur Choron et de Reiser, avant de publier dans Pilote.

Je me souviens de mes lectures de sa série phare “Philémon” quand j’étais plus jeune. Une série que j’aimais bien même s’il est vrai que je ne comprenais pas tout, loin de là…

Je me souviens surtout de Philémon traversant les arcs-en-ciel, de son combat épique contre un piano à queue… et aussi du Manu-Manu, espèce d’énorme main au caractère canin.

Et plus tard, j’ai découvert d’autres de ses œuvres,  notamment “L’histoire du Conteur électrique” qui est une merveille de poésie.

Une rencontre très sympathique vu que Fred a commencé son intervention sans la présence de l’animateur (qui était en retard) et qu’il nous a parlé librement de son travail, de son inspiration, et de son nouveau Philémon qu’il n’arrive pas à terminer vu  ses problèmes de santé… alors que toute l’histoire est déjà dans sa tête.

De cette rencontre, j’ai surtout retenu qu’il fallait “laisser son imagination faire l’école buissonnière” et que si ses récits sont mélancoliques, c’est pour mieux “s’essorer l’âme“.  A la fin, tout la salle s’est levée pour l’applaudir, ce qui l’a beaucoup ému. Cela me désole d’autant plus de n’avoir pas pu visiter l’exposition qui lui était consacrée (mais bon, trop d’attente et tellement d’autres choses à voir !). Mais je vais me rattraper en relisant son œuvre, et notamment “Le Petit cirque”, pour qui il avoue une tendresse particulière, et qui vient de ressortir chez Dargaud dans une nouvelle édition.

Une rencontre que vous pouvez visionner ici (on nous aperçoit même à la fin du film !) :

Haddon Hall : Quand David inventa Bowie de Néjib

31 jan

Ayant lu de bonnes critiques de l’album Haddon Hall avant mon départ pour le festival d’Angoulême, je n’ai pas hésité à me le faire dédicacer par l’auteur présent au festival d’Angoulême. Et oui, et oui, j’y étais avec Stéphanie !

Alors, que raconte cet album ? Haddon Hall est tout d’abord une vaste demeure victorienne située dans la banlieue de Londres. Nous sommes à la fin années 60, et David Jones alias David Bowie s’y installe avec son épouse Angie, bientôt suivie de toute une brochette de musiciens. Une vaste demeure, idéale pour répéter et y organiser des fêtes !

Après l’échec commercial de son album Man of Words / Man of Music, David Jones  n’a qu’ une seule obsession, celle de renouer avec le succés. Mais la concurrence est féroce. A force de remises en cause et de rencontres (John Lennon, Syd Barret…), David Bowie va forger un second album The Man who sold the World qui va changer à jamais sa carrière d’artiste.David Jones va bientôt faire place à David Bowie…

Belle surprise, cet album restitue avec humour et émotion l’effervescence artistique de l’époque. Graphiquement, c’est très pop, avec un dessin au trait fin et aux tonalités acidulées, sans parler des nombreuses trouvailles graphiques qui ponctuent le récit.

Pour les amoureux de David Bowie, mais pas seulement !

Palmarès du 39e Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême

30 jan

Et le futur Président du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême est … Jean-Claude Denis. En recevant le Grand Prix de la ville d’Angoulême 2012, Jean-Claude Denis présidera le jury de la 40e édition . A la question d’un journaliste de France 3 qui lui demandait ce à quoi on devait s’attendre pour la future édition, il a répondu “sinistre” sur un ton amusé. (Re)découvrez ici sa vie, son oeuvre.

Mais n’oublions pas le palmarès de cette cuvée 2012, avec entre autres le Fauve d’or – Prix du meilleur album 2012 attribué à Guy Delisle pour son album “Chroniques de Jérusalem”, édité chez Delcourt.

Parmi tous les prix, à noter le Prix d’Angoulême – Prix de la série revient à Pierre Gabus et Romuald Reutimann (invité pour la 1ere édition du “68 fait des bulles” en 2006) pour “Cité 14 “- saison 2, tome 1 “Chers corrompus” aux Humanoïdes Associés.

Retrouvez ici la chronique du début de la saison 1, éditée sur le site en mai 2011.

 

Fraternity de Juan Diaz Canales (scénario) et Jose Luis Munuera (dessin)

25 jan

New Fraternity, Indiana, 1863

A l’occasion d’une partie de chasse, un jeune enfant sauvage est recueilli par les membres d’une communauté utopique vivant à l’écart du monde. Ce jeune garçon recevra le nom d’ Emile. Muet, il va grandir au sein la colonie de New Fraternity, dirigée par Robert McCorman, un nanti idéaliste et scientiste…promotteur d’une “Déclaration d’indépendance mentale de l’homme”. Mais cette petite société idéale commence à se déchirer entre une majorité attachée à la notion de travail et un groupe minoritaire qui y est réfractaire. A ces tensions internes viennent s’ajouter des menaces extérieures. La guerre de sécession fait rage aux portes de New fraternity. Des soldats noirs de l’Union viennent y trouver refuge. Le racisme ne va pas tarder à refaire surface chez certains. Dans la forêt proche, vit une créature monstrueuse qui inquiète les habitants. Bientôt, Emile sera confronté à la Bête…

Auteur de la série Blacksad, Diaz Canales nous plonge au sein d’ une communauté idéaliste confrontée au doute quant à son mode de vie et à des évênements étranges qui bousculent sa vision rationnelle du monde. Tout à la fois un récit métaphysique, politique et d’épouvante.

Concernant le dessin de Munuera, on ne peut être qu’admiratif face à la finesse du trait et à la palette de couleurs employée, certes réduite, mais toute en nuances. Certaines cases constituent de véritables petits tableaux.

Un diptyque passionnant publié chez Dargaud

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